"L'individu est divisible mais pas transparent" / Albert Einstein.
"L'individu est fissible et très très nucléaire" Jacob-Joseph Oppenheimer.
L'individu est presque et quasi invisible, ça alors !!!" H. G. Wells.
Je viens de la savourer ! C'est une belle entrée. Vite fait, très bon ! Asperges vapeur, Saint-Jacques citronnées vinaigrées au balsamique, juste "retournées" avant dans très peu de graisse de canard + sel-poivre et presque crues), deux gambas idem, des lactaires maison en bordure d'assiette. En déco : feuilles d'endive et tranches de courgettes cuites vapeur.
Comme chaque année en septembre, les livres déferlent, décourageants par leur profusion. Il suffit de multiplier le nombre de titres par le premier tirage pour songer au fameux et néanmoins incontournable "pilon".
Ce qui se détruit par tonnes au pilon chaque année ce n’est pas « 110 millions de livres », ce sont tout d'abord des tonnes de papier : ce ne sont que des tonnes de papier... Et quelques autres broutilles : par exemple le travail de ceux qui le fabriquent, qui l'impriment, le transportent, etc. Ce qui se détruit là, ce n'est pas le travail, l'intelligence, ou le talent des auteurs. C'est juste celui des gens qui fabriquent la pâte à papier et font tourner les rotatives. C'est aussi et encore, d'une autre manière, celui de la nature : celle qui, au début et au principe de tout, fournit la matière première : bras et intelligence humains, chair animale, chair végétale, génie et malfaisance tout à la fois, inextricablement mélangés. Comment peut-on, par un si petit bout de lorgnette, croire ou oser faire croire, qu'il y a offense à auteurs ? Qu'on me comprenne bien : je n'oppose en aucun cas les uns avec les autres. Et c’est bien cela qui est inquiétant, alarmant : le travail matériel des humains (épuisable), le "travail" matériel de la nature (épuisable) sont tenus pour quantités négligeables. Ce n'est "que" cela que l'on dirige vers ce redoutable "pilon", là où le sens (le bon sens) lui même bute, s'abîme.
Mais le bon sens et l'émoi ne sont pas toujours de bon conseil...
Que tous ceux qui versent des larmes de crocodile sur ce spectacle, certes saisissant et parfaitement révoltant, s'attardent un instant sur cette question : Que feraient-ils donc de ces 110 millions de volumes si on leur demandait de les prendre en charge ? Qui, imaginent-ils, pourrait le faire ? Et surtout pourquoi ? Les bibliothèques elles-mêmes détruisent des volumes en grande quantité et suppriment leurs ateliers de reliure-réparation, brisant au passage des métiers qualifiés...
Alors que faire de ces "surplus" ? Les donner à lire sans tri, sans critique, sans discernement à des non lecteurs qui n'en veulent pas ? On voit par là que ce n'est pas la solution.
Chaque année, je donne pas mal de livres à mes amis d'Amnesty International qui tirent de leurs "Foires aux livres" quelques subsides pour la cause que l'on sait. Ils croulent sous les dons et se mettent minables, une fois l'affaire bouclée, pour charrier et stocker l'instockable ! Les textes, eux, subsistent et subsisteront s'ils ont de le faire, ne nous en faisons pas trop pour eux. Proust, Joyce, Faulkner ou Lucrèce sont indestructibles : il y a lurette qu'ils ont rencontré leur public. Les nouveaux auteurs aussi, je le maintiens. Et, pour les nouvelles générations susceptibles de s'emporter pour eux, leurs livres sont et restent pour partie disponibles ! Mais les forêts, elles, trépassent. Et les "petites mains", qui fabriquent cette matière, puis impriment les millions de pages (même si ce n'est que 35 h par semaine en échange d'un petit millier d'euros !), reprennent tous les soirs leur trains de banlieue avec, entre les mains, parfois un livre, parfois autre chose, parfois rien.
Qu’est-ce qu’un livre ? Deux choses rigoureusement et strictement distinctes : d'abord de la pâte à papier, broyée puis façonnée en maintes étapes, de l'encre mise en œuvre par des tas de gens sur d'énormes machines - elles aussi forcément produites quelque part d'une part - PUIS, ensuite seulement, un "produit immatériel", une "œuvre de l'esprit", d'autre part.
Pourquoi confondre ce qui n'est, par nature, pas "confusible", ou pas encore ?
Il en va des stratégies commerciales de l'édition et de la "mécanique de la production" comme il en va de l'impuissance généralisée face aux "surproductions" ! Qu'elles soient de lait, de patates ou de toute autre denrée, il faut détruire ! Que les logiques de production en arrivent là est la seule chose qui doit nous alarmer.
Sans distinguer entre les denrées (livres ou pas livres, patates ou côtelettes de porc), j'insiste sur ce point. Espérons au moins que tout cela est soigneusement recyclé, oui, RE-CY-CLé. Même en papier cul, aussi cher qu'un livre si l'on veut bien y penser. Ce papier nous est donc revendu deux fois : On s'est régalé avec le dernier Goncourt dont le prix de vente intègre tous les coûts de production ? Ben on y revient pour la chute du beau roman : le surplus nous sera vendu en P-cul. Ça fait encore plus cher le bouquin !
Le monde entier est devenu un gigantesque tube digestif dont les sucs gastriques broient impitoyablement humains, animaux, végétaux, minéraux : toutes les ressources de la vie sur la planète en somme.
Dès lors, je ne vois vraiment pas pourquoi le fait qu'il y ait marqué, "Chateaubriand", "Molière", "Duras" ou "Lacan" sur l'emballage d'un livre permettrait à cet ordinaire nutriment d'échapper à la règle commune, je veux dire à la loi d'airain en vigueur partout ailleurs. Une entreprise de destruction massive. Un "papier", pas si vieux que ça sur un métier du livre.
Dans les synonymes de mon ordinateur, à "Femme", il y a, en tête de liste, "épouse". C'est drôle parce que, à "Homme", il n'y a pas "époux", le mot-même n'est pas ici envisagé.
À croire que les femmes épousent des chaises ! Et ce n'est pas si faux, au fond...
En fait à "Homme", il y a "bonhomme" : c'est guère mieux. Mais, dès le troisième synonyme, l'homme devient un "être" ! Mais, juste avant, un "mari". Tout finit par arriver… Et lorsqu'on est un être aussi exquis, que peut-il vous arriver de mieux que d'être un "mari", n’est-ce-pas ?
Alors qu'un homme peut être un "amant", il ne semble pas envisagé qu'une femme puisse être une "maîtresse". C'est comme ça, c'est le lot du dictionnaire. Elles sera une "sauterelle", une "nana", une "beauté" (pas de "laideron" à l'horizon), un "dragon", un "tonneau". À "nana", elle aura pour autres synonymes, les insignes avantages de "souris" et de "bonne femme". Et puis, en queue de liste - enfin ! - une "personne". Ouf ! Il faut toujours lire jusqu’au bout.
«Je me sens tout périmé. Complètement à côté de mes bombes.
Une fois n'est pas bitume, le pèlerin m'a prescrit des anxiomythiques.
Il pense que c'est la brise de la quarantaine.
Que c'est pour ça que je fais une répression morveuse.
La nuit, je n'arrive pas à chérir, je fais des trous noirs, je pense au calé, je pense à ma scie. Je me dis que si j'étais à refaire, je me vendrais tout autrement.»
Ça m'a plu et j'ai voulu jouer avec. J'ai envoyé, en réponse, ceci : Et alors, pourquoi à moi, l'ami Philippe, il a dit : « Je me sens tout périnée. Complètement la tête dans le cul. Une fois n’est pas couture, le gastropode m’a dit : faut suturer ! Il pense que c’est l’abus de morts subites gravelé par les cuisses de gargouilles. Que c’est pour ça que je fais des reflux sulfuriques par voies non navigables. La nuit, je n’arrive pas à lisoter, le jour j’ai des présences sataniques et toujours, je pense au futur, à mes étoiles, à mes noces dragées. Je me dis que si j’allais à revers, les poils de l’adultère me repousseraient là où Satan va pas. »
- Qu'on le veuille ou non, un "acteur économique", c'est un acteur qui ne s'use que si l'on s'en sert. - Une vraie pile quoi ! Faut l'excuser : il ne sait pas tout jouer...
Il était fort tard. De l'économie mondialisée, nous avions tout dit : tout et son contraire. Voilà bien un sujet plastique à l'envi... Là, j'excelle ! J'embrouille : on n'y voit que du feu.
J'en étais donc là de mon bavardage oiseux avec B. lorsque, soudain, malgré l'heure tardive du café, j'entends rire bien plus fort (que nous) à la table d'à côté : une cascade, un torrent de montagne, cristallin tout d'abord, menaçant ensuite. Et alors là, la bonne femme (celle du rire, une aguichante rousse entre deux âges) s'exclame, hilare, pleurant de rire mais d'une voix sonore jusqu'au fond de la salle : «Dans la langouste, c'est comme chez les mecs, le meilleur, c'est toujours la queue ! Ah ah ah ! Hi hi hi !»
Si seulement je le savais ! Une sorte de cloporte, dirons-nous. Portes closes mais fenêtres grandes ouvertes en somme.
LA CHASSE EST OUVERTE- Bienvenue
Passer du jour au lendemain et du coq à l'âme sans mise en garde avant coureuse,
entre le journal "in time" et celui de la planète à retardement,
telle sera l'incertaine ligne éditoriale de ce blog à l'arraché. Rubrique "blogs lents".
Le grand écart, le faux bond, le sursaut caractériel s'y disputeront la partie
avec beaucoup d'autres feintes mais sans mauvaise malice.
SINON C'EST PAS POSSIBLE, COMPRIS ! ! !
Ultime précision : le Diable est absent. L'Autre aussi.